L’économie circulaire

un modèle économique innovant

L’économie circulaire a plusieurs ambassadeurs de renommée internationale : l’astrophysicien Hubert Reeves ou encore la navigatrice britannique Ellen MacArthur. Après avoir battu le record du tour du monde à la voile en solitaire en 2005, Ellen MacArthur n’a pas hésité à mettre sa carrière entre parenthèses pour s’engager dans la promotion du développement durable. Elle a créé sa fondation pour défendre le modèle de l’économie circulaire.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

Notre économie fonctionne principalement sur un système dit « linéaire » : on extrait, on fabrique, on consomme puis on jette.

Pour pouvoir continuer à produire les biens et les services dont nous avons besoin, nous puisons très largement dans les ressources naturelles (matières premières, eau, pétrole, gaz, terres rares, métaux, charbon, animaux marins…) et nous dégageons une quantité importante de déchets.

Avec ce modèle, nous commençons à entrevoir l’épuisement d’un certain nombre de ces ressources et énergies fossiles car beaucoup de ressources ne sont pas renouvelables et la difficulté de leur extraction engendre des coûts supplémentaires.

Face à ce constat, une solution innovante a émergé : la mise en place d’un système dit « circulaire » qui serait gouverné par « la règle des 3 R : réduire, réutiliser, recycler ».

L’objectif est double : optimiser la consommation de ressources et diminuer les impacts sur l’environnement en repensant l’ensemble du cycle de vie des produits – fabrication, consommation, recyclage – pour réduire la production de déchets.

Comment fonctionne l’économie circulaire ?

Selon les principes de l’économie circulaire, repenser le cycle de vie d’un produit signifie : modifier son mode de production, allonger la durée de vie des matières le composant et inventer une nouvelle façon de consommer ce produit.

Cycle de vie d'un produit en 7 étapes

1. Sa naissance : d’une conception classique à l’adoption d’une démarche d’éco-conception

2. Sa production : « faire plus et mieux avec moins » en pratiquant l’écologie industrielle

3. Sa distribution : vendre ou louer le produit fabriqué, telle est la question soulevée par l’économie de fonctionnalité

4. Son réemploi : jeter ou donner, il faut choisir

5. Sa réparation : donner une deuxième vie au produit

6. Sa réutilisation : une solution sur-mesure pour pallier à l’usure ou l’obsolescence du produit

7. Son recyclage : la fin du cycle de vie du produit

Dans un système dit « linéaire », le concepteur d’un produit se préoccupe principalement de son design, son originalité, son innovation, son packaging alors que dans un système dit « circulaire », la question centrale repose sur le devenir du produit.

On parle alors d’éco-conception : le cycle de vie d’un produit est imaginé dès sa conception et avant même sa fabrication afin de minimiser son impact environnemental et prédire l’utilisation qui pourra être faite de ses composants. Ainsi, le produit sera conçu pour durer, être réparable, être réutilisable et enfin être recyclé.

Le système dit « linéaire » a atteint ses limites car il consomme trop de ressources et d’énergie, notamment pour produire ce dont nous avons besoin.

Pratiquer l’écologie industrielle, permet au contraire d’utiliser moins de nouvelles ressources et de maîtriser leur consommation dans le processus de production des biens.

L’enjeu est de mettre en place des « symbioses industrielles », c’est-à-dire un mode d’organisation industrielle qui permet :
– d’optimiser la gestion des ressources utilisées dans la production des produits (matières premières, énergie) en mutualisant les besoins des acteurs concernés
– de mettre en place des filières de recyclage et de valorisation des déchets : les matières déjà utilisées dans les produits (déchets) pourront devenir des ressources pour fabriquer de nouveaux produits ou être transformés en énergie. « Rien ne se perd, tout se transforme. »

Outre la diminution de l’impact des activités économiques sur l’environnement, la mise en place de ces « synergies industrielles » va stimuler le tissu économique à l’échelle d’un territoire en générant de nouvelles activités, plus de richesses et donc des emplois.

Dans le système dit « linéaire », les fabricants vendent leurs produits et les acquéreurs jouissent de la propriété sur chaque produit acheté. Les acquéreurs sont responsables du devenir du produit, notamment lorsque ce produit est usé ou ne fonctionne plus.

Dans une économie dite « circulaire », on pratique l’économie de fonctionnalité : la valeur d’un produit pour son acquéreur réside dans la fonction de ce produit qui pourra satisfaire ses besoins particuliers. On privilégie ainsi l’usage d’un produit à la possession ou la vente d’un service autour du produit plutôt que la vente du produit lui-même.

Le non-transfert de propriété du produit va inciter les fabricants à :
– favoriser la durabilité du produit
– mieux maîtriser les coûts de fabrication qui dépendront moins de la fluctuation du prix des matières premières et énergies
– améliorer le service rendu aux clients (plus de proximité pour une meilleure satisfaction)
– créer des emplois (de service) non délocalisables

L’économie de fonctionnalité suscite l’innovation des entreprises : elles cherchent de nouveaux modèles économiques (non centrés uniquement sur la guerre des prix) et développent de nouvelles offres plus globales et compétitives.

L’acquéreur d’un produit peut prendre la décision de s’en séparer car ce produit ne correspond plus à ses besoins. Il a alors le choix entre :

– jeter ce produit et produire des déchets (cas du système dit « linéaire »)

ou

– prolonger la vie de ce produit en le donnant à une personne qui en aura l’utilité ou en le remettant dans le circuit économique (notamment sur le marché de l’occasion)

Cette seconde option, c’est-à-dire le réemploi du produit, permet de limiter la production de déchets et de rendre service à un autre acquéreur.

Le système d’économie circulaire prévoit de réparer le produit en remplaçant les pièces défectueuses afin de prolonger sa durée de vie.

À ce stade du cycle de vie, le produit fabriqué arrive à bout de souffle et n’arrive plus à assurer la fonction pour laquelle il a été créé. Dans un système dit « linéaire », ce produit arriverait en fin de course et deviendrait un déchet inutilisable et irrécupérable.

L’économie circulaire a une solution : réutiliser le produit lui-même ou certaines parties de ce produit encore en état de fonctionnement dans l’élaboration de nouveaux biens. Le produit ou tout ou partie de ses composants sont alors réutilisés pour réaliser un objet qui aura une autre fonction, que celle prévue initialement.

Lorsqu’un produit ne peut plus assurer de fonction spécifique et qu’il est hors d’usage, alors il est prêt pour être recyclé. Les matières le composant seront alors séparées et transformées pour servir à la fabrication de produits neufs.

En résumé

Aucune accumulation de déchets bruts n’est générée par l’économie circulaire

À chaque étape, il y a des acteurs pour prendre en charge le devenir du produit et prolonger au maximum son cycle de vie : c’est pourquoi ce système génère, sur un territoire, de l’activité économique et des emplois durables.

L’économie circulaire, des bénéfices socio-économiques pour un territoire

Mettre en place une démarche d’économie circulaire a un impact positif sur le chiffre d’affaires, ainsi que sur la marge des entreprises. Comment expliquer ce constat dans un contexte économique difficile et sous haute tension ?

1er bénéfice

Amélioration de la compétitivité des entreprises

Économie circulaire rime avec innovation …

  • Recherche et développement technologique de pointe
  • Création de nouveaux matériaux à partir des ressources déjà utilisées
  • Optimisation des processus de conception des produits
  • Utilisation de nouvelles sources d’énergie plus propres
  • Recherche d’un modèle économique innovant (voir l’exemple de Michelin)

… et réduction des coûts engagés

  • Diminution des coûts de revient par l’allègement de la consommation en énergie et en ressources (utilisation des matières issues du recyclage)
  • Réalisation d’économies d’échelle sur les achats et les infrastructures grâce à des synergies locales (notamment mutualisations)
  • Optimisation des coûts de traitement des déchets par une meilleure valorisation au niveau local

En jouant à la fois sur l’innovation et le prix, les entreprises renforcent leur compétitivité et gagnent des parts de marché. Avec cet avantage concurrentiel, les entreprises peuvent positionner leurs produits sur des segments à plus forte valeur que des produits issus de production des pays émergents et résister ainsi à la concurrence mondiale, voire même augmenter leur chiffre d’affaires à marge constante dans un contexte économique difficile.

2e bénéfice

Renforcement de l’attractivité d’un territoire par le maintien de l’activité et la création d’emplois

Des entreprises plus compétitives n’hésitent pas à investir et à se développer sur leur territoire en créant des emplois à la fois hautement qualifiés (R&D) et semi-qualifié. Les modèles économiques liés aux prestations de services permettent également d’augmenter la qualification des personnes employées et de créer des postes de proximité.

L’économie circulaire favorise la création d’emplois non-délocalisables ainsi que la ré-industrialisation des territoires par l’émergence de nouvelles filières dédiées à la réparation, au réemploi et au recyclage.

Pour assurer une pérennisation des activités et des emplois, l’économie circulaire s’appuie sur des circuits courts ainsi que la création de synergies entre tous les acteurs d’un même territoire : les entreprises, mais aussi les collectivités locales, les universités, les acteurs de l’économie sociale et solidaire… 

3e bénéfice

Satisfaire les attentes du consommateur

De nombreuses études auprès de la population montrent que les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux arguments écologiques dans leur vie quotidienne (9 Français sur 10 se disent sensibles à l’environnement).

Dans un contexte de crise économique prolongé qui oblige à repenser sa manière de consommer, nous sommes en train d’assister à l’émergence d’une nouvelle génération de consommateurs qui semble d’ores et déjà disposée à privilégier l’accès à la possession :

« […]on observe des changements d’attitude significatifs depuis le début des années 2000 : les consommateurs cherchent à économiser les ressources, à mieux utiliser les objets dont ils ont besoin, voire à en revendre / donner / prêter / louer certains dont ils se servent peu. Ils le font surtout pour réaliser des économies, gagner de l’argent, contrer la hausse des prix, trouver des astuces pour maintenir leur qualité de vie malgré les pressions sur le pouvoir d’achat mais cela ne veut pas dire que les considérations écologiques n’entrent pas en ligne de compte, puisque les comportements relevant de l’économie circulaire sont beaucoup plus fréquents chez les ménages ayant une sensibilité écologique marquée. » (Étude réalisée par le CREDOC pour le compte de l’ADEME concernant les évolutions du comportement des Français face au développement de l’économie circulaire)

Ces nouveaux consommateurs sont sensibles aux bénéfices environnementaux, à l’origine et la qualité des produits, au tri des déchets ainsi qu’à la durée de vie des objets (54 % des Français font réparer leurs appareils électroménagers, hi-fi, vidéo ou informatiques et 75 % des consommateurs ont déjà acheté des produits d’occasion en 2012)

 

Pour aller plus loin

Économie circulaire, bénéfices socioéconomiques de l’écoconception et de l’écologie industrielle

Évolutions du comportement des Français face au développement de l’économie circulaire

Florange e2i et l'économie circulaire

Le cœur d’activité de Florange e2i est la mutualisation des déchets. Fe2i propose de faire de l’ingénierie de la collecte, du traitement et de la valorisation des déchets identifiés sur le territoire afin que tous les acteurs impliqués puissent en tirer le meilleur parti. Cette démarche s’inscrit également dans des projets porteurs d’innovation comme :

Produire de l’énergie

Production d’énergie et de chaleur à partir de ressources renouvelables, notamment grâce à la méthanisation des déchets verts (feuilles, branches, légumes…) générés par l’agriculture et les ménages

Mutualiser des services

Plus largement, mutualiser des services entre entreprises d’un territoire / d’une zone d’activité (logistique, traitement de déchets, achats…) afin d’obtenir de meilleures conditions commerciales pour tous les acteurs présents sur le territoire et favoriser le recours à des produits ou services respectueux de l’environnement

Créer des matériaux innovants

Les déchets récoltés serviront à créer des matières premières de recyclage en partenariat avec des laboratoires de recherche (vallée des matériaux initiée par le Pacte Lorraine)

Mutualiser des actifs

Partager des actifs ou l’utilisation d’un équipement : une entreprise qui possède une flotte d’utilitaires peut mettre à disposition d’autres entreprises certains des véhicules qu’elle n’utilise pas. Plutôt que d’acheter un véhicule, ces entreprises achèteront de la mobilité en louant le véhicule

Faire de l'éco-conception

Proposer un accompagnement sur-mesure pour toutes les entreprises souhaitant mettre en œuvre une démarche d’éco-conception de produits et services

Réutiliser les produits

Favoriser une dynamique de réutilisation des produits : par exemple, certaines grandes surfaces ont un stock de cartes de fidélité en plastique (PVC) non utilisées par leurs clients. Au lieu de les jeter, ces enseignes ont décidé de les céder à pour qu’elles servent de base à la création d’œuvres d’art

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